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Jeudi 9 janvier 2020. 7.28 h. Escalier du 1er au 2e étage du bâtiment F

– Il est léger, ton cartable !

– Oui, c’est parce qu’on va faire une sortie.

– Cool ! Vous allez où ?

Voir une exposition. Des tableaux d’un peintre très connu en Angola et même dans d’autres pays.

– Qui ça ?

Antonio Ole. D’ailleurs, on va aussi voir un second artiste. Il s’appelle Fernando Lucano, et c’est un pote d’Antonio Ole.

Vous y allez tous ?

– Oui, toutes les sixièmes. A, B et C.

– Ca va faire du monde !

– Oui, ils ont dû demander six navettes à Total ! Deux par classe !

– Vous partez toute la matinée ?

– Non, seulement deux heures ! Une demi-heure aller, autant pour revenir et une heure sur place.

Yes ! Vous allez perdre plein d’heures de cours !

– On ne perd pas de cours en fait. Chaque classe part sur une heure creuse et une heure de cours.

C’est qui, les profs qui accompagnent ?

Madame Urbain, la prof de portugais, Madame Cochofel, la prof d’arts plastiques et Madame Turpin, la prof de français. Il y aura aussi Monsieur De Wolf et Monsieur Guichard, profs d’histoire et Madame Julia, la surveillante.

Sortie à l’expo...
Sortie à l’exposition Antonio Ole et Fernando Lucano  au Centro Camões_1
Sortie à l’expo...
Sortie à l’exposition Antonio Ole et Fernando Lucano  au Centro Camões_2
Sortie à l’expo...
Sortie à l’exposition Antonio Ole et Fernando Lucano  au Centro Camões_3
Sortie à l’expo...
Sortie à l’exposition Antonio Ole et Fernando Lucano  au Centro Camões_4
Sortie à l’expo...
Sortie à l’exposition Antonio Ole et Fernando Lucano  au Centro Camões_5

Jeudi 9 janvier 2020. 12.37 h. Dans la file devant la cafétéria du bâtiment F

Alors, c’était comment, votre exposition-machin ?

– Trop cool. On n’a pas vu passer le temps !

– T’aimes bien la peinture, toi ? A part pour t’en mettre plein les doigts en arts plastiques ?

Non, on n’a pas peint, on a regardé. Antonio Ole, c’est un mec qui fait de grands grands tableaux avec plein de couleurs vives. Madame Cochofel, elle disait que la technique, c’est celle du batik : tu peins un fond de couleur, puis tu dessines un personnage ou une forme dessus. Et ces tableaux, ils racontaient des histoires : le saut dans le temps , ou des noms de recueils de poèmes connus.

– Je parie que tu as déjà oublié tous ces titres et ces noms ?

Non, déjà hier on a dû faire une notice biographique pour Madame Turpin. Et puis, on a pris des notes aujourd’hui à l’expo. Après on va peindre dans le même style chez Madame Cochofel et on en reparlera dans les cours de portugais, etc. Mais à l’exposition, c’était cool : on se posait, on regardait, puis on écrivait tout ce que le tableau nous inspirait. On choisissait ceux qu’on préférait et ceux qu’on détestait. Il y en avait un très beau sur La solitude de l’astronaute, perdu dans un fond bleu magnifique. Et puis un vert où le personnage pensait à ce qu’il allait faire : Le futur commence maintenant. Et puis des trucs marrants comme un mec qui parle avec un masque-araignée. Et un autre avec un gars qu’on dirait qu’il fait de la capoeira, mais il saute au-dessus du peintre, et donc c’est vu d’en bas : Le saut dans le temps. Et puis, y avait un truc très spécial, c’était des photos de taches d’eau sur un escalier. Avec la lumière du soleil sur la photo, on aurait dit une carte du monde avec les continents et tout.

– Wow !

Vous êtes restés super longtemps, alors ?

– Ah non, une demie-heure. Puis on est allés voir l’exposition de Fernando Lucano. C’était génial aussi. C’est un type, il fait les poubelles et puis il met tout sur le mur.

– Hahaha ! Le dingue !

C’est vrai, je te jure ! Il fait même des masques en or et en métal avec des canettes pour les yeux, des bouchons pour la bouche, et aussi de grands tableaux à partir de tongs qu’il coud ensemble pour donner un effet de couleurs. C’était beau. Enfin, c’était… Moi, j’ai bien aimé en tout cas. A la fin, on s’est assis au milieu et on a regardé. On s’est bien amusés. Et le prof il était content : il disait à l’autre prof qu’on s’était bien tenus.

– Toutes les sixièmes ensemble ? Ça m’étonnerait.

– Si si !

– Gros mytho ! Des poubelles sur le mur, etc. Je vais aller voir, c’est pas loin de chez moi, le Centre Camões.

Trop tard ! C’était le dernier jour. Ils envoient l’exposition en Espagne demain.

– N’importe quoi. Des poubelles vers l’Espagne ! En avion, sûrement ? Hahaha !